Vous pensez que le franchisage est un moyen facile de gagner sur le marché concurrentiel du cannabis ? Pensez-y deux fois.

La législation ontarienne a empêché les producteurs de cannabis autorisés (PA) au Canada de posséder plus d’un établissement de vente au détail. Cependant, il existe une faille séduisante qui leur permet d’étendre leur présence de marque : le modèle de la franchise. Le franchisage permet aux PA d’afficher leur nom dans les magasins partout au pays et d’établir des relations essentielles avec les clients, sans posséder directement le réseau de vente au détail. C’est séduisant, mais ce n’est pas facile — les risques de communication liés au franchisage sont importants.

Les PA doivent mettre leurs marques entre les mains de tiers. Les entreprises qui ne gèrent pas ce processus avec une extrême précision perdent régulièrement le contrôle de leur marque, paraissent disjointes et non professionnelles, et ébranlent la confiance des consommateurs. Dans une bataille aussi serrée, ce genre d’erreurs peut s’avérer fatal. Une erreur dans la vente au détail pourrait nuire à l’ensemble de la marque.

Dans un environnement où la plupart des communications – de la publicité à la conception de l’emballage – sont fortement réglementées, les magasins privés offrent aux PA le forum qui leur permet d’accroître efficacement la notoriété et la fidélité à leur marque. Bien que toutes les marques soient confrontées à certaines contraintes réglementaires dans le commerce de détail, c’est dans ces domaines qu’elles peuvent tirer parti de leur expérience et de leurs communications en magasin pour établir les liens et la confiance des consommateurs qui, en fin de compte, mèneront à la fidélité à la marque.

L’enjeu dans le commerce de détail est de taille : une concurrence accrue est alimentée par des consommateurs inconstants, avisés et exigeants. L’attention portée aux détails tout au long de l’expérience client joue un rôle crucial dans la détermination du vainqueur, et la moindre incohérence ou erreur de marque peut avoir des effets dévastateurs sur la confiance des consommateurs et la perception de la marque — surtout dans une catégorie aussi nouvelle et controversée que le cannabis.

Les PA qui réussissent reconnaissent que la même discipline qu’elles ont appliquée à leurs processus de fabrication et à leurs chaînes d’approvisionnement doit maintenant servir de référence pour leurs activités de détail. Des protocoles rigoureux et conformes aux exigences de Santé Canada dans les serres doivent maintenant être assortis d’un contrôle tout aussi rigoureux de la marque en magasin. Ce n’est qu’ainsi que les PA peuvent être sûrs que leur marque, où qu’elle soit exprimée, est forte, cohérente et conforme.